Que sera l’avenir maintenant ?


Cher lecteurs et lectrices, c’est le coeur lourd et l’âme meurtrie que je pose ces mots aujourd’hui…

Comme vous le savez, à moins que vous ne viviez dans une grotte (chose que je vous envierai presque en ces temps troublés…), le monde de la presse a été secoué par l’attentat des frères Kouachi sur les locaux de l’hebdomadaire Charlie Hebdo…

Je ne vais pas m’aventurer à analyser le pourquoi du comment de cet attentat ni, comme j’ai pu le voir sur les réseaux sociaux, à parler de la responsabilité de Charlie Hebdo qui, dans le cas présent, n’est qu’une victime…

Je ne vais pas parler des autres membres de la réaction, mais surtout de mon vécu et de mon ressenti. Lorsque je suis tombé, à la pause déjeuner, sur les infos, j’ai été sidéré… Un attentat, en plein Paris, en pleine journée, dans les locaux d’un journal sous surveillance policière depuis 2 ans, c’est forcément une blague… Et puis je commence à farfouiller un peu… Et je tombe sur les rapports de l’AFP et sur la vidéo du policier abattue… Voir même exécuté de sang froid….

Et là, je dois avouer que, en mon for intérieur, il s’est passé quelque chose…

Je ne suis pas vraiment un fan du journal Charlie Hebdo. J’ai bien rigolé devant certaines de leurs illustrations, que je trouvais particulièrement pertinentes, aussi bien dans l’humour (parfois très noir, certes) que dans le discours. J’ai parfois trouvé que certaines illustrations allaient trop loin, mais la liberté d’expression étant ce qu’elle est, je n’ai jamais lancé de haro sur ce journal.

Mais là, devant moi, c’était la presse avec un grand P qui était attaquée. Et dans le même temps, c’était aussi la liberté d’expression dans sa plus simple expression qui était bafouée et piétinée. Cette liberté d’expression qui me tient tellement à cœur, que je chérie même.

Puis vint le bilan, la prise de conscience de ce qu’il se passait… Et c’est à ce moment là qu’une boule est apparue dans ma gorge. Une boule qui est toujours présente aujourd’hui.

Pour être honnête, ce n’est pas la colère qui m’envahit… C’est un sentiment d’immense tristesse, d’incompréhension et de dégoût qui remplit mon coeur.

Cabu, Chab, Wolonski, Thignous… Ces quatre hommes, véritables figures de la presse satirique ont été fauché par deux tarés, deux monstres dont les propos religieux ne sont qu’une vaste blague, une excuse pour leur propre conscience… Ils disent venger le prophète, mais ce même prophète ne parle que d’amour, de tolérance et de paix. Tout comme les deux autres religions principales du monde que sont le christianisme et le judaïsme…

Je sais que mon discours peut paraître confus, mais j’ai le cœur qui est bousculé, ballotté par des émotions contradictoires… D’un côté, j’aimerais qu’on traque tout les extrémistes de cette planète, peu importe le milieu, et qu’on les fasse disparaître de ce monde. Comme le disait Jacques Chirac : « Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. Dans notre histoire, l’extrémisme a déjà failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison. Il divise. Il pervertit, il détruit. »

Et effectivement, cela détruit… Cela détruit la tolérance, la patience, la compassion, tout ces sentiments qui font de l’être humain quelque chose de beau, quelque chose que je défends…

Mais vient ensuite ce sentiment amer. Car on sait que cela est infaisable, car cela serait s’abaisser au niveau de ces extrémistes religieux… Alors on se dit que ce n’est pas juste… Que ces événements n’ont aucune logique… Quand je vois Patrick Pelloux en pleurs sur le plateau d’I-Tél, murmurant qu’il « ne les a pas sauvé », je ne peux m’empêcher d’être bouleversé… Et triste…

Mais j’ai ensuite compris que nous valions mieux que ca. Et lorsque j’ai vu les différents mouvements de soutien se mettre en place, j’ai compris une chose. L’être humain tient à ses libertés fondamentales. Et la liberté d’expression, qui venait d’être attaquée sans aucune vergogne, se retrouvait portée et défendue par plus de 66 millions de personnes, quelque soit leur nationalités, leur couleur, leur religion… Un regroupement d’êtres humains, portés par le même sentiment d’injustice et de révolte envers ces événements inqualifiables.

Je vais terminer cet article, car il est déjà bien long et que la vie continue, avec ses obligations… Je suis sûr que Cabu et les autres n’auraient pas voulu que nous sombrions dans cette état tétanique… Ils auraient voulu que nous continuions à rire, à être impertinents envers le monde, tout comme ils l’ont fait durant toute leur vie… Mais actuellement, j’en suis incapable… J’ai peur de ce qui pourrait se passer. Les amalgames vont vite, très vite… Beaucoup trop vite à mon goût puisque des attaques ont déjà eu lieu envers des lieux de cultes… J’ai peur de ce que la haine peut générer en ces temps tourmentés… J’ai peur de voir ce pays partir à feu et à sang… Car n’oubliez pas ce que disait Yoda : «  La peur est le chemin vers le côté obscur : la peur mène à la colère, la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance. »

Si vous deviez retenir une chose de cette article, retenez ceci : toute personne ayant un tant soit peu le goût de l’information vraie, de l’humanité et de la liberté se sent aujourd’hui blessée. Mais n’oubliez pas aussi ce qu’il se passe depuis hier. Des êtres humains se rassemblent pour condamner ces actes barbares qui n’ont aucun lien avec les religions existantes, si ce n’est celle que les terroristes présentent et où personne ne se retrouve. Et je vais vous dire deux choses.

Je n’arrêterais jamais de croire en la liberté d’expression, d’opinion, de la presse et en la démocratie… Je me battrai bec et ongle pour défendre ces valeurs qui me sont chers.

Et je condamne ces événements. Je condamne cet attentat contre des journalistes qui ne faisaient que ce qu’ils estimaient juste. Je condamne cette apologie de la haine et cette tentative de destruction de la libre pensée et de la libre expression. Et je continuerai a insulter, conchier et mépriser toute personne qui oserait bafouer ces principes. Mais je ne les empêcherais jamais de donner leur avis. Car comme le disait Voltaire : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dîtes, mais je me battrai pour que vous puissiez me le dire »

Sur ce, je vous souhaite une nuit reposante, chose qu’il m’est difficile de trouver désormais. Et je ne sais pas pour vous, mais je me sens plus Charlie que jamais…

Votre serviteur, Hadaria

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