Kaze Tachinu, l’ultime Miyasaki


“Le vent se lève, il faut tenter de vivre” , ces quelques mots de Paul Valery que Miyasaki a choisi de judicieusement glisser dans son dernier chef d’oeuvre laissent rêveur…

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Rien de moins qu’un chef d’oeuvre, Kaze Tachinu est aussi une véritable ode à l’aviation et à l’amour. Au fil de la vie de Jirô Horikoshi mais également un peu de la sienne, Miyasaki nous entraîne dans un Japon troublé où le rêve d’un homme peut tout changer…

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Homme passionné et pris dans les remous de l’Histoire, Jirô Horikoshi est avant tout le génial inventeur du A6M, plus connu sous le nom de ‘Zéro’, l’avion de chasse le plus visionnaire du XXème siècle.
Est-ce un hasard que Miyasaki l’aie choisi ? Par hommage à son père Katsuji Miyazaki, ancien directeur de Miyasaki Airplane (qui à l’époque fabriquait les gouvernes des Zéros) ? Ou juste par passion ?
À l’image de Porco Rosso, Kaze Tachinu nous emporte dans le monde de l’aviation, un monde poétique où seule l’inspiration sait faire la différence.

Ponctuée par ses rêves en compagnie de Gianni Caproni, autre ingénieur aéronautique et idole de sa jeunesse, la vie de Jirô Horikoshi se mélange avec les différents événements qui frappent le Japon à cette époque: le grand tremblement de terre de Kantô, la Seconde Guerre Mondiale…

Mais envers et contre tout, Jirô continuera à s’accrocher à son rêve: construire des avions, ignorant la tension internationale montante et les différents problèmes de son temps, travaillant jour et nuit jusqu’à l’accomplissement de ce pourquoi il est né.

Délaissant même parfois la belle Naoko dont il est épris…

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Car oui, si Miyasaki nous offre ici son dernier film, il se doit d’être un véritable hommage à toute sa carrière et notamment à un sujet qu’il aura su retranscrire tout au long de ses films avec justesse et poésie: l’Amour !

Là encore, il oeuvre dans la magnificence et la majesté la plus complète, distillant chaque sentiment avec brio ! Entre Le Chateau Ambulant et Princesse Mononoké, il nous offre un amour pur, drôle et presque enfantin… en un seul mot, touchant.

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On retrouve d’ailleurs un nombre impressionnant de références à toute l’oeuvre de Miyasaki au sein du Studio Ghibli, que ce soit dans les personnages (M. Kurokawa ne ressemble-t-il pas à Piccolo ?) ou encore en musique, signée une fois de plus par Joe Hisaishi (Le thème est étrangement similaire à celui du Chateau dans le Ciel)…
Tout ces éléments qui consacrent Kaze Tachinu comme véritable signature et cadeau d’adieu de M. Hayao Miyasaki.

Enfin, et s’il n’y a qu’un seul reproche à faire à Kaze Tachinu, c’est celui de ne pas avoir duré toute la nuit, car il l’aurait mérité !

Merci, M. Miyasaki…

BakaNeko